L’impact aromatique : ce que l’alambic charentais crée que les autres ignorent
La singularité du cognac vient en grande partie de cette distillation à la "charentaise". Là où l’alambic à colonne produit des eaux-de-vie plus neutres, l’alambic charentais laisse passer – et parfois sublime – une palette d’esters, de terpènes, d’acides volatils et de composés lourds, qui, bien gérés, donnent la profondeur aromatique du cognac.
On trouve :
- Des notes de raisin frais, de poire, de fleurs blanches (acacia, aubépine) dans les eaux-de-vie de cœur fraîchement distillées.
- Des touches subtiles de cire d’abeille, de fruits confits, de rancio, qui apparaissent après de longues années de vieillissement, et qui proviennent en partie des coupes fines garanties par l’alambic charentais.
Plus l’alambic est travaillé lentement, plus l’eau-de-vie est fine: une distillation conduite sur 12 à 14 heures (pour 25 hl de vin), contre 7 à 8 heures en forcé, donne des profils aromatiques bien plus détaillés (voir « Distillation du cognac », Lavoisier, 2017). Certains artisans distillent exclusivement sur lies fines, pour gagner des arômes supplémentaires encore plus typés.