Pratiques, usages… et croyances autour de ces deux mondes
L’armagnac millésimé jouit d’un véritable culte chez certains collectionneurs : la France est en tête des marchés pour ces bouteilles, suivie par le Japon et les États-Unis (source : BNIA, 2022). En revanche, plus de deux armagnacs sur trois vendus dans le monde sont des assemblages.
La maison Castarède, plus ancienne maison de négoce d’Armagnac (fondée en 1832), propose régulièrement des millésimes antérieurs à 1960, stockés en foudre et surveillés décennie après décennie. Cette pratique quasi patrimoniale ancre le spiritueux dans l’histoire, ce qui explique l’engouement des collectionneurs… mais aussi la peur de se tromper lors de l’achat.
Pour les armagnacs d’assemblage, le marché vise la fidélisation. On retrouve par exemple la notion de “signature” dans la gamme de Jeanneau ou Delord, où le consommateur revient pour retrouver une expérience sensorielle reconnaissable, comme pour un whisky blended ou un rhum vieux typé “maison”.
Certains grands amateurs vont jusqu’à comparer le millésimé à une “verticale” vivant en bouteille — on déguste, on interprète, parfois on collectionne plusieurs années… tandis que l’assemblage renvoie à une idée de “lissage”, d’idéal.
À noter : la croissance des ventes d’armagnacs millésimés à l’export (+8%/an depuis 2018, selon Les Echos, 2022), reflet du regain d’intérêt pour l’authenticité, alors que la majorité des grandes maisons continuent de miser sur l’assemblage pour pénétrer la grande distribution.