Un héritage enraciné dans les cimes
On ne rencontre pas une liqueur de montagne comme on aborde un autre spiritueux. Ici, chaque gorgée porte le poids des pentes, le silence des sous-bois, le climat âpre qui forge les plantes. Qu’il s’agisse de Chartreuse, d’arquebuse, de génépi ou de liqueur de myrtille sauvage, le fil conducteur reste ce lien obstiné avec la montagne, ses exigences, ses mythes.
Depuis le Moyen-Âge, les religieux, apothicaires ou simples paysans qui vivaient dans les Alpes, les Pyrénées ou le Massif Central, cueillaient, macéraient, distillaient. La rareté de certaines plantes alpines – arnica, absinthe, edelweiss – détermine encore aujourd’hui des pratiques particulières, restrictives, souvent protégées par le droit ou des appellations. Ainsi, la cueillette du génépi, fleur emblématique, est réglementée dans les Alpes depuis 1981 (Arrêté ministériel, 15/01/1981, Journal Officiel).
Cette légitimité historique forge la réputation actuelle de ces élixirs, mais participe aussi de leur rareté et, in fine, de leur désirabilité.