Comprendre la liqueur artisanale en France : histoire et définitions
La liqueur tient une place singulière dans le paysage des alcools français. Héritières de traditions séculaires, elles se distinguent nettement des spiritueux classiques, à la fois par leur élaboration et leur positionnement. En France, la liqueur est un héritage vivant. Sa tradition remonte à l’Antiquité, mais c’est surtout à partir du Moyen Âge que l’on trouve ses racines, lorsque les apothicaires et les religieux s’emparent de la distillation pour créer des élixirs à base de plantes – la fameuse Chartreuse portée au pinacle par les moines du même nom, dès 1737, en est l’un des exemples les plus marquants (source : Chartreuse Diffusion).
La définition légale d’une liqueur est fixée par la réglementation européenne (Règlement UE 2019/787 du 17 avril 2019) : il s’agit d'une boisson spiritueuse obtenue par aromatisation d’alcool éthylique d'origine agricole, d’un distillat de spiritueux ou d’un ou plusieurs spiritueux, additionnée d’un minimum de 100 g de sucre par litre (produit fini). Ce taux grimpe parfois à 250 g/l pour certaines liqueurs, comme les crèmes (crème de cassis par exemple).
En comparaison, la plupart des autres spiritueux français – cognac, armagnac, rhum, whisky, gin – sont des alcools distillés, rarement édulcorés et rarement aromatisés après distillation, la palette aromatique provenant essentiellement des matières premières, du vieillissement en fût ou de la distillation elle-même.