Le déroulé minutieux d’une fermentation naturelle en Charente
À la vendange, le raisin est généralement pressé dans les heures suivant la récolte. Pas de débourbage poussé ni de traitements agressifs : ici, il s’agit de préserver l’intégrité du jus et la flore indigène. Dès cette étape, chaque distillerie affine sa démarche en fonction de sa philosophie.
Le starter : le rôle fondamental de l’hygiène
Contrairement à une idée reçue, laisser faire les choses “naturellement” demande de la rigueur. Les cuveries charentaises sont entretenues avec soin : une hygiène stricte permet aux levures locales de s’exprimer sans se faire dépasser par les bactéries indésirables (sources : BNIC, Cognac.fr).
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Nettoyage des pressoirs et cuves pour éliminer les résidus fermentaires et les bactéries de la campagne précédente.
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Absence de sulfites ou minimalisme total : l’ajout de SO2 se fait à doses très faibles (souvent moins de 20mg/L), uniquement pour limiter la casse oxydative, mais sans tuer les levures indigènes.
Le pilotage du temps et des températures
La fermentation naturelle se déroule à des températures autour de 18-24°C, rarement au-delà. Des températures trop élevées favorisent les bactéries acétiques et lactiques, tandis que le froid freine l’activité des levures.
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Suivi quotidien : densité du vin, acides volatils, température sont contrôlés matin et soir. La plupart des distilleries utilisent des cuves inox thermorégulées, mais certaines (notamment les petits producteurs) conservent les anciennes cuveries béton à inertie thermique douce.
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Durée de fermentation : elle varie de 3 à 8 jours selon la température ambiante et la richesse en sucre du moût, et s’achève quand le vin atteint 0-1° de sucres résiduels.
| Paramètre |
Valeur cible |
Risques si écart |
| Température |
18-24°C |
Déviations aromatiques (hors de cette plage) |
| Sucres résiduels |
< 1 g/L |
Risque de piqûre acétique si supérieur |
| Acides volatils |
< 0,36 g/L (H2SO4) |
Agressivité, défaut sensoriel |