Pureté : un choix de design, un virage qualitatif
La pureté recherchée n’est jamais neutre. Elle façonne l’ADN du spiritueux. Une colonne conçue pour "tout enlever" donne un alcool limpide, léger, parfois qualifié de "clean" – parfait pour la vodka, le gin, ou certains rhums destinés aux cocktails.
Prenons le rhum : en Martinique, le rhum agricole AOC use de colonnes Savalle spécifiques, parfois limitées en nombre de plateaux par le cahier des charges. De l’autre côté, les rhums de mélasse "light", distillés sur des colonnes multi-étagées, atteignent des taux de non-alcooliques inférieurs à 200 mg/L (sources : INRAE, rhumdefrance.com).
Dans le whisky écossais, la distillation en colonne de grain autorise des rendements élevés et un alcool plus pur (à 94,5 % vol. max. selon la SWA), tandis que le malt est distillé en pot still pour conserver davantage de composés aromatiques lourds (esters, aldéhydes...).
| Type |
Nombre de plateaux |
Teneur alcoométrique possible |
Profil aromatique |
| Alambic à repasse |
1–2 (cycles) |
55–72 % vol. |
Riche: arômes lourds/conservés |
| Colonne Savalle (rhums agricoles) |
10–25 |
70–75 % vol. (souvent régulé par l’AOC) |
Complexe, végétal (canne), arômes frais |
| Colonne multietagée (industrielle) |
jusqu’à 100 |
94,5–96 % vol. |
Pur, neutre voire neutre-haut (vodka, gin base) |